Sur le cœur de Lili

Courir après le temps…

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Wow ! J’ai l’impression que cela fait 10 ans que je ne suis pas venue écrire là. Comme une aventure qui se serait terminée avant même d’avoir vraiment commencé.

Merci au rythme effréné, aux week-ends surchargés, aux enfants très prenants, au mari qui change d’activité, aux douleurs et à la fatigue qui reviennent…

Depuis plusieurs semaines, j’ai l’impression de courir constamment après le temps. Les journées passent à une vitesse phénoménale et j’ai à peine le temps de me retourner que pouf ! c’est déjà le jour d’après qui commence.

Le quotidien est parfois très dense pour une maman. Je ne vais pas rentrer dans le détail, vous connaissez toutes ça. Je ne ferai même pas allusion aux mamans détendues et pomponnées qui gèrent leur quotidien d’une main de fer sans même défaire un peu leur brushing, on sait toutes que c’est un mythe ! (hein, c’est un mythe…!??)

Et puis nous avons toutes des particularités qui nous en rajoutent chaque jour. Il y a celles qui ont des enfants malades, celles qui aident les autres, celles qui veulent que tout soit parfait, celles qui vivent seules, celles qui ont des problèmes de santé… Et on a même la « chance » de cumuler plusieurs de ces particularités parfois. Bah oui, quitte à se compliquer la vie, autant ne pas faire les choses à moitié.

De mon côté, je suis en plein régression niveau fibromyalgie. Bah oui, le naturopathe qui m’avait accompagnée au stage de jeûne l’avait dit. Si on ne change pas ce qui nous rend malade ou malheureux, ça ne sert à rien de se soigner. Le mal sera toujours là.

Alors j’ai quand même changé quelques mauvaises habitudes et j’en ai pris quelques bonnes. Mais je suis une usine à stress. C’est pour ça qu’aujourd’hui je me retrouve à faire 2 séances de kiné par semaine pour essayer de détendre mon dos. « Oh mais vous êtes toute contracturée ! » Merci l’info madame.

Le fait de lutter et de jongler ne me réussit pas. Je lutte contre mes besoins et mes angoisses car je culpabilise pour tout et tout le temps et je jongle avec toutes ces choses à faire qui tournent continuellement dans ma tête. Que ce soit à la maison ou au travail, je cogite à tout ce que je dois faire, devrais faire ou faire mieux. J’essaie de faire ce puzzle géant dont le dessin change tout le temps.

Difficile pour moi de trouver des moments de détente et de relaxation. Des moments pour souffler. Respirer. Ne pas penser. Lâcher prise.

J’aimerais trouver la recette miracle pour trouver cet équilibre mais il est pour l’instant compliqué d’aménager tout ça.

Dans un mois, mon CDD se termine, je vais m’accorder une pause avant de rechercher un boulot nécessaire à notre survie financière mais pourtant si dur à assumer. Je rame à supporter le rythme. Entre nounou, boulot, courses, école, maison, repas, linge… oh et puis crotte, j’avais dit que je ne détaillerai pas. Enfin vous voyez ce que je veux dire. Je me sens parfois si ridicule de ne pas arriver à gérer tout ça alors que les autres le font.

Là j’entends parfaitement mon Bio-man me dire « Les autres ? Quels autres ? Donne moi un exemple ! »….. bah oui mon mari a raison, c’est bête de se comparer aux autres. Mais quelque part, il ne faut pas oublier que notre rôle est prédéterminé. Nous les femmes, nous devons assumer les enfants et tout ce qui va autour, nous devons gérer la maison, le ménage et tout et tout, nous devons être au top de notre forme, nous pomponner, nous occuper de notre amoureux, travailler avec le sourire alors qu’on est moins bien payées…. etc etc…

Bref, je sais que le temps, ça se prend. Mais comme j’ai dit à mon Bio-man hier soir : « Quand je me repose, je ne fais pas autre chose ». Bah oui, les choses ne se font pas toutes seules. Mais dites moi à quand la baguette magique pour ménagère qui permettrait d’animer aspirateur-balai, panier à linge et jouets qui trainent partout un peu comme dans la Belle au Bois Dormant……???

Aller haut les cœurs ! Demain sera un autre jour. Dans la vie, il y a des hauts et des bas. Après la pluie, le beau temps. Enfin toutes ces expressions inutiles qui clôturent bien un petit pavé de pensées égarées d’une femme désespérée.

Sur le cœur de Lili

Quand ils ne sont pas là…

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Quand ils ne sont pas là, mon cœur pleure. Il pleure de toute cette solitude qui ne m’apporte rien. Il pleure de tout cet amour dont je suis privée, de tous ces câlins et ces bisous, ces rires, ces « maman je t’aime »…

Quand ils ne sont pas là, je ne profite qu’à demi-mot de cette liberté provisoire. N’avoir à penser qu’à soi est un luxe oui mais cela a un prix. Car ce sont eux ma richesse, mes trésors. Ce sont mes moteurs, mes étoiles filantes, mes soleils flamboyants.

Quand ils ne sont pas là, je pense à tout ce que je rate. Toutes ces petites aventures qu’ils vivent et dont j’ignorerai tout. Toutes ces gourmandises devant lesquelles leurs yeux ont pétillé de joie. Tous ces moments de jeu et de découverte dont ils ont pu profiter. Tous ces moments où ils ont besoin d’un câlin, d’un petit nid de réconfort, là, juste dans mes bras.

Quand ils ne sont pas là, je n’ai pas l’impression de vivre. Je ne fais qu’attendre le moment où je les reverrai, où je pourrai les serrer dans mes bras, les embrasser. Ne pas sentir leur chaleur, leur odeur, entendre leurs voix, leurs bruits, est un manque qui me tord les tripes.

Quand ils ne sont pas là, j’ai l’impression d’être punie. J’avoue sans honte ma jalousie. Lui est avec eux et profite de tous ces moments fabuleux pendant que moi je suis ici, coincée à travailler. Une certaine amertume se présente quand je pense à toutes ces choses que je n’ai pas faites quand lui n’était pas là, quand il travaillait, pour qu’il ne manque pas ces aventures en famille qui ne se produisent qu’une fois.

Quand ils ne sont pas là, je lutte contre la tristesse infinie de ne pas vivre tous ces instants avec eux. Ces instants qui ne reviendront jamais. Ces souvenirs que nous n’aurons pas ensemble, ces photos que je n’aurais pas pu faire.

Quand ils ne sont pas là, j’inspire leur odeur sur leurs vêtements. Je regarde mille photos et vidéos, pour les voir, les entendre. J’erre dans la maison en suivant leur empreinte, comme si un bout de leur âme était restée avec moi.

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Quand ils ne sont pas là, je pense à ma maman, qui a vu quitter le nid ses 4 enfants. Je m’imagine trop facilement le déchirement de son cœur. On a beau les voir grandir, comme on dit ce seront toujours nos bébés. On se rappellera toujours de quelques détails de nos grossesses, de nos accouchements, de ces petits bébés dont nous avons pris soin comme de précieux trésors si fragiles. On se rappellera toujours de toutes ces étapes qu’ils ont franchies en grandissant et qui nous ont tant émerveillées. Car tout ça est gravé, là, dans nos cœurs de parent.

Quand ils ne sont pas là, ils me manquent.

J-3

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